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 Témoignage de Abdul RUZIBIZA (partie II)

Infos Politiques

RUZIBIZA J-ABDUL
Birkenesveien, 62
4647 Brennâsen
NORGE
PS. : J'ai préféré donner ma photo ainsi que mon adresse actuelle afin d'éviter que mon témoignage ne soit pris pour un tract ou comme un témoignage donné par un vagabond sans adresse comme le Président Kagame l'a déclaré lors de sa dernière visite à Bruxelles
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CREATION DES INTERAHAMWE, IMPUZAMUGAMBI, ET RTLM

Kagame avait eu l'idée de faire capoter les négociations par une attaque sur Kigali, Habyarimana voulait affronter ceux qu'il appelait les ennemis du pays, pour lui, nous étions des ennemis. Il a créé des milices, qui étaient entraînées et encadrées par l'armée, la police communale, la gendarmerie et même des services de la présidence. Cette jeunesse qui allait finir par faire l'innommable se trouvait sur tout le territoire du pays. Cependant, tout le monde n'agissait pas la même fureur dans le massacre des Tutsi. C'est une chose que les gens doivent savoir, parce que c'est la réalité. Quiconque était au Rwanda à cette période pourrait en témoigner.
Au début de l'action des Interahamwe, dans les attaques lancées au Bugesera, Kibirira et Bigogwe, les assaillants originaires de Ruhengeri ou de Byumba étaient chaque fois transportés dans des autocars de l'ONATRACOM en provenance des camps de déplacés de guerre. Certains avaient été démoralisés, et étaient devenus comme des animaux sauvages à cause du harcèlement de l'APR. Les autres Interahamwe hutu ne comprenaient pas comment ces jeunes gens avaient poussé la bestialité jusqu'à tuer des gens comme des mouches, tellement ils en étaient écœurés.
Beaucoup d'endroits attaqués avant le génocide, l'ont été par cette jeunesse poussée à la méchanceté d'un côté par le gouvernement de l'époque et de l'autre par les exactions du FPR. Pour celui qui voudrait connaître les racines du génocide, il y a ici matière à considération(6).
En fait, le MRND faisait ce que le FPR souhaitait. Lorsque le MRND entraînait les Interahamwe, le FPR trouvait l'occasion de faire exploser des bombes, et d'en rendre l'Etat responsable. De cette manière, il trouvait une justification à la reprise de la guerre, d'autant que la communauté internationale incriminait Habyarimana. Je ne nie pas que ces Interahamwe ainsi que d'autres extrémistes faisaient exploser des bombes. Pour le FPR, l'occasion était toute trouvée d'entraîner des commandos qui allaient travailler pour le réseau (NETWORK), ainsi lors des négociations, on en profitait pour nous entraîner. Dans la seule année 1993, le FPR a pu former ses hommes dans les domaines suivants :
• Il a entraîné deux grandes unités de commandos et de nombreuses petites unités.
• Il a entraîné plus de 400 militaires destinés à être des gendarmes.
• Il a organisé plus de 4 sessions différentes d'instructeurs. C'était en prévision qu'en cas de guerre, chaque unité ait suffisamment d'instructeurs pour former rapidement de nouveaux soldats.
• Il a formé presque tous ses officiers au commandement et au leadership.
• Il a suffisamment entraîné des hommes à la guérilla urbaine dans chaque unité militaire.
• Il a très sérieusement entraîné les militaires à de longues marches, avec des réserves de munitions et de bombes pour plusieurs jours, en attendant l'approvisionnement.
• Il a formé ses soldats à « la vraie histoire du Rwanda ». En réalité, cette histoire ne montrait pas les divisions ethniques, mais avait pour objectif d'inculquer dans l'esprit des militaires que la meilleure solution était le renversement de Habyarimana et de sa clique. Ainsi le FPR pourrait prendre le pouvoir.
Ce que je viens de dire a une grande importance, parce qu'à aucun moment les militaires ont eu à l'esprit que la paix pouvait venir d'Arusha. En cela, le FPR se comportait en vérité comme les extrémistes de la CDR du MRND et du POWER. La seule différence est que le FPR et ses hommes ne disaient pas ouvertement ce qu'ils pensaient. Du côté de l'Etat, on le disait ouvertement dans les médias, et le refrain se répandit que les accords étaient de la paperasse, qu'ils étaient comme un cadavre de chien décomposition.
Dans cette période de la guerre, le FPR/APR a pu atteindre des objectifs lui permettant de tendre des pièges à Habyarimana, à tel point que chaque forfait qu'il (le FPR) commettait, il lui était possible de rendre responsable le pouvoir de Habyarimana.
Dans la période qui a suivi la signature des accords, il y avait deux hommes, Habyarimana et Kagame, deux généraux, deux ennemis jurés, avec la crainte réciproque que, s'ils étaient tous dans le même pays, chacun pourrait éliminer l'autre physiquement dès que l'occasion lui serait donnée.
A un moment donné, le FPR s'est rendu compte qu'en créant le chaos, il pouvait renverser le pouvoir en place; mais en même temps, il avait peur de la pression internationale qui pouvait le presser d'intégrer le gouvernement. Les deux protagonistes, le FPR aussi bien que les extrémistes de Habyarimana, redoutaient cette éventualité, aucun ne croyait dans le partage du pouvoir comme une bonne solution. C'est pourquoi chacun de son côté avait prévu un plan caché, au cas où la coexistence était imposée qui aboutirait à faire échouer le processus. Voici ce qui a été préparé des deux côtés :
Du côté gouvernemental :
• la mise sur pied de ce que l'on a appelé la « défense civile », n'avait d'autre objectif que la distribution d'armes dans la population ; chaque cellule et chaque secteur du pays devaient contribuer la création du chaos dans le pays.
• la création de milices armées qui rejetaient tout ce qui avait été signé, même lorsque cela l'était par Habyarimana lui-même. Ces milices étaient prêtes à passer à l'action le moment venu.
• la radio nationale et la RTLM ainsi que les petits magazines affiliés récusaient l'utilité des accords d'Arusha.
• du matériel supplémentaire a été acheté pour qu'il y en ait suffisamment à distribuer dans la population.
• Des listes ont été dressées de personnes ayant des enfants ou des proches au sein du FPR/Inkotanyi, celles qui étaient soupçonnées de propager l'idéologie du FPR, celles qui collectaient des fonds en sa faveur, les Hutu qui se comportaient comme des Tutsi, c'est-à-dire ceux qui soutenaient la guerre déclenchée par les Inkotanyi, pour que le moment venu ils soient éliminés. Personne ne connaissait le jour de leur mise à mort.
• Ceci diverge de la version du FPR qui prétend que tous les Tutsi figuraient sur les listes de la mort. C'est faux parce qu'en réalité si tous les Tutsi devaient être tués en même temps, cela voulait dire que chacun d'entre eux devait être tué par son voisin. Et on se connaissait tellement bien entre voisins qu'il n'était pas nécessaire de dresser les listes des Tutsi car dès l'enfance chacun connaissait l'ethnie de l'autre. Ici, j'insiste sur le fait qu'avec ou sans la mort de Habyarimana, il y avait un plan bien déterminé de tuer des gens, et c'est ce qui s'est passé. Hormis l'un ou l'autre chanceux, tous ceux dont la mort était prévue ont été tués dans les trois jours qui ont suivi la disparition de Habyarimana.
Du côté gouvernemental, j'affirme que Habyarimana de son propre gré ou sous la pression de son entourage a accepté que ces listes soient dressées, tout en sachant que le moment venu, ceux qui y figuraient allaient être tués.
Je ne peux pas oublier une chose importante : cette vie humaine qui est sacrée, est devenue comme l'eau qui se renverse une fois que cela est jugé nécessaire, surtout pour les tutsi. Je veux dire que c'est arrivé à un point tel que Habyarimana et ses extrémistes habituent les hutu de la CDR et les Interahamwe à l'idée que verser le sang est un acte banal. Ils s'y sont exercés à Kibirira, au Bugesera et à Bigogwe pour démontrer que verser le sang est faisable et que cela peut se faire sans peur. Ce point est très important, car comme je l'ai déjà dit, d'autres hutu sur les collines et dans les secteurs, et même au sein du MRND qui n'étaient pas des tueurs étaient très étonnés de voir ce que faisaient les Interahamwe et les Impuzamugambi. Certains s'opposaient à ces actions, ce qui provoquait des embrouilles entre partis. Nul n'ignore comment la jeunesse du MDR( Inkuba), du PSD (Abakombozi) et les « Libéral » du PL ont fait face aux agissements des Interahamwe. C'est ce qui s'est passé jusqu'au moment où Habyarimana a semé la division dans tous les partis qui se sont séparés en ailes Power et Amajyogi. En un mot, ce sont les extrémistes qui ont initié leurs jeunesses à tuer. Ceci est une autre preuve que le génocide était inévitable (8).
Du côté du FPR/APR :
Beaucoup de choses ont été faites qui préparaient l'extermination des Tutsi.
A cause de la surveillance de la frontière avec l'Uganda, le FPR a fait entrer à l'avance le plus de munitions possible, pouvant servir pendant longtemps. Cela a été fait à la fin de septembre 1993, à divers endroits et ceci pour provoquer et tenir une guerre sans merci en vue de renverser le gouvernement et si ce n'était pas possible, ces munitions et ce matériel pouvait également servir une fois au Gouvernement, pour créer le chaos en vue d'une prise du pouvoir total par la force. Pour celui qui veut connaître le travail du réseau (Network), voici la preuve. Un groupe de gens dont je faisais partie a été sélectionné pour creuser de grands trous. Là où j'étais le trou avait 50 m x 30 m x 7 m. Nous y avons enfoui des munitions et des anti-aériens de toutes sortes: 7.62 mm, 11.5 mm, 12.7 mm, 14.5mm, 23 mm, 37 mm, 75 mm, 76 mm, 81 mm, 82 mm, 107 mm, 120 mm, 122 mm.
Ce matériel a été transporté par les populations Bakiga de l'Uganda qui les déposaient au sommet d'une colline à la frontière rwandaise où nous allions le chercher pour l'enterrer. Il a fallu plus de 1000 personnes pour transporter tout cela et une journée entière a été nécessaire. Ce matériel était arrivé à bord de très nombreux camions-remorques. Nous qui étions chargés de le garder, savions que nous devions être exécutés à coups de houe si un seul parmi nous révélait le secret. Trois de nos soldats furent tués parce qu'ils étaient allés acheter du tabac quelque part sans en informer le chef. Ce qui nous a été dit par Kabarebe, Kayumba Nyamwasa c'est que si nous devions entrer au Gouvernement, nous, les gardes, nous devions rester sur place et habiter près de la cache de ce matériel, du côté ougandais et du côté rwandais. On allait nous aider secrètement à y vivre jusqu'au moment où le matériel devait être utilisé pour le renversement du gouvernement.
On a fait la même chose à Karama au Mutara, à Bungwe dans Cyumba et à un autre endroit entre Kaniga et Gatonde. En réalité, le but n'était autre que de créer le chaos et prendre le pouvoir. Cette action impliquait peu de personnes qu'on pouvait compter sur les doigts de la main : Kagame lui-même, Kabarebe, son adjoint, Kayumba Nyamwasa le patron du renseignement, Colonel Ngoga au Nord, Colonel Bagire au Mutara, Major Jacob autrement surnommé Rubondo qui était chargé du matériel militaire, ainsi que d'autres personnes qui pouvaient y accéder en compagnie de leurs chefs ou en mission. Ce genre de travail était accompli par des agents du FPR en qui on avait une grande confiance. Certains d'entre eux furent envoyés en reconnaissance dans Kigali avant la mort de Habyarimana.
Plusieurs soldats furent disséminés dans le pays. Ils avaient pour mission de poser des bombes, créer des cellules du FPR, apprendre le maniement des armes à ceux qui nous pouvaient nous aider pendant la guerre, s'informer sur le fonctionnement de chaque parti politique, infiltrer la jeunesse des partis et se renseigner sur les personnes que le FPR voulait liquider.
Le FPR et ses cadres propagandistes (political mobilisers) ont pénétré dans la zone tampon où toute activité militaire était interdite, et ont commencé à propager leur idéologie. Pour moi c'était acceptable, mais ce qui ne l'était pas c'est que celui qui ne mordait pas immédiatement aux idées du FPR n'avait d'autre sort que l'exécution à la houe, souvent sa famille subissait le même sort.
Le FPR procédait à des essais dans sa stratégie d'intoxication qui consistait à commettre des crimes qu'il mettait sur le dos le MRND afin de tester les résultats.
Les gens étaient tués pour trouver des accusations contre le MRND, qu'il ait des comptes à régler avec eux ou pas. Pour ces assassinats, le FPR utilisait des techniciens (Network) ou une branche élargie parmi les agents de renseignement des unités et de petits escadrons de la mort, il utilisait aussi certains des jeunes gens à qui il avait appris à utiliser de petites bombes à travers le pays. Ceux qui devaient être tués étaient choisis de la manière suivante :
1. Le Hutu qui travaillait consciencieusement pour le Gouvernement, bref celui qui aimait Habyarimana et son gouvernement ;
2. Tout Hutu qui faisait preuve d'intelligence et d'obstination comme Gapyisi ;
3. Tout Hutu, opposant, dont la mort pouvait être imputée au Gouvernement;
4. Tout Hutu dont la mort ne pouvait laisser des indices pour les enquêtes ;
5. Un militaire haut gradé si possible ;
6. Aucun Tutsi né à l'intérieur du Rwanda ne pouvait inspirer confiance ; sa mort pouvait être facilement imputable au gouvernement et n'était pas considéré comme une perte (sacrifier les Tutsi de l'intérieur) ;
7. Un Tutsi intellectuel qui pouvait ne pas accepter d'adhérer à l'idéologie du FPR, par exemple Lando que nous avons manqué plusieurs fois ;
8. Les Tutsi qui habitaient dans des endroits retirés pouvaient être massacrés tous ensemble pour imputer le crime au MRND. Les soldats du FPR ont accompli ce genre de forfait à Kabatwa à Gisenyi, sous la commandement de Gashayija Bagirigomwa ainsi que l'agent de renseignement Moses Rubimbura. Ce ne sont pas des rumeurs, cela s'est passé au début de 1994.
9. Même après la guerre, le FPR n'a pas hésité de sacrifier les Tutsi pour trouver des prétextes d'aller piller les richesses au Zaïre. Ce n'est un secret pour aucun des militaires du FPR-Inkotanyi c'est ainsi que les massacres des Bagogwe de Mudende se sont produits, nous sommes en mesure de donner des preuves à celui qui en veut, les massacres des Banyamulenge de Biura et d'autres localités se situent dans ce cadre.
- Les « techniciens » de la Ville de Kigali (membres du Network) ont fait beaucoup de choses. Comme je l'ai mentionné ci-dessus, Network est un réseau très étendu, dont les membres étaient connus uniquement des autorités qui les sélectionnaient. Du reste chaque agent ne connaissait que son coéquipier. Il arrivait que l'on croise quelque part un autre confrère Inkotanyi, mais il était formellement interdit de lui faire un signe puisqu'il avait sa propre mission différente de la tienne. En effet, nous avons été formés dans l'esprit que chacun ne doit s'occuper que de sa propre mission, seul et en fonction des consignes reçues de ses supérieurs. Concernant la politique de sélection, les membres du Network devaient remplir les conditions suivantes:
1. Etre reconnu Tutsi de père et de mère et bénéficier d'une confiance totale de la part des sélectionneurs;
2. Avoir une physionomie proche de celle des Hutus était un avantage puisqu'il ne fallait par trop se camoufler. Pour ceux qui avaient l'apparence réelle de Tutsi, ils devaient opérer à moto. Quand on craignait d'être soupçonné, on mettait son casque, on portait ses bagages à la manière des agronomes et on s'en allait tranquillement accomplir sa mission.
3. La maîtrise de la géographie du Rwanda, surtout de la ville de Kigali, était un critère important pour être sélectionné puisqu'on pouvait intervenir dans plusieurs missions.
4. Etre Hutu reconnu mais sans avoir jamais habité le Rwanda, avoir fait preuve d'un courage exceptionnel à combattre les Hutu, avoir renié son identité de Hutu et ne pas avoir peur de tuer de sang froid.
5. Etre Hutu reconnu, né au Rwanda. Ce Hutu recevait une mission bien définie dans un lieu spécifique pour lui. Il ne devait pas connaître les autres membres du Network envoyés pour opérer dans la ville de Kigali et il était surveillé de près par plus de cinq Inkotanyi - qu'il le sache ou non.
- Une mission était toujours personnelle et différente de celle de son confrère. Parfois on pouvait être affecté à une même mission sans pour autant se connaître; mais certains comportements et certaines consignes étaient connues de tous afin de pourvoir porter assistance dans les cas d'extrême urgence. Nous avions des jeunes gens qui faisaient le travail, motards par-ci par-là dans les environs des endroits où se tenaient régulièrement les réunions des politiciens; des taximen, des domestiques dans les camps militaires ou chez les hautes autorités hutu; les enfants des rues de Kimihurura; les porteurs; les infiltrés dans les groupes des miliciens Interahamwe, Impuzamugambi et Abakombozi; ceux qui opéraient dans la stricte clandestinité pendant les nuits et d'autres qui travaillaient comme des pompistes dans les stations d'essence. Le travail était tellement diversifié et bien préparé de telle manière que lorsque la guerre reprit, Kagame avait toutes les informations nécessaires pour déclencher l'assaut final.
Pour toute personne qui avait des compétences pour former d'autres agents, il lui était assigné la mission de recruter le plus grand nombre possible de collaborateurs internes mais des fois on ne devait pas connaître la vraie identité du formateur comme militaire du FPR-Inkotanyi. Il fallait plutôt être reconnu comme un simple citoyen sympathisant du FPR. Nous avions également la mission d'étudier les comportements particuliers des individus, de rédiger des rapports les concernant et d'estimer s'il fallait les liquider physiquement le cas échéant.
- Le piège du FPR avait pris au moment où les Accords nous autorisèrent l'établissement d'un bataillon de 600 hommes à Kigali. La sélection de ce bataillon a nécessité beaucoup de calculs car ce devait être une unité spéciale. Voici comment ça c'est passé:
1. Chaque unité devait choisir un militaire de confiance absolue et exceptionnellement courageux, qui se dépense jusqu'à la limite des capacités humaines, qui n'a pas fréquemment besoin d'un commandant, capable de se tirer d'embarras seul, tireur d'élite de haut niveau, bref un vrai spécialiste dans le maniement des armes et un militaire chevronné.
2. Les meilleurs commandos et les meilleurs espions militaires suffisamment entraînés furent sélectionnés et bénéficièrent d'une formation spécifique nécessaire, ils ont appris et maîtrisé la guérilla urbaine de façon qu'ils ne prévoyaient rencontrer aucune résistance importante dans la prise de Kigali. On nous avait fait comprendre que chacun mourra un jour, que tous les risques sont possibles, que le courage est la première des armes, que l'objectif doit être de ne laisser aucune chance de victoire à l'ennemi.
3. Comme nous procédions normalement dans le commandement militaire, les Sergents et les Caporaux avaient aussi des soldats à commander à l'échelon d'un Section. Mais pour le 3ème bataillon des Inkotanyi ce n'était pas le cas: les Sergents et les Caporaux étaient regroupés dans une section et commandés par un Sous-Lieutenant ou un Sergent reconnu pour avoir les mêmes compétences que les officiers. Ici je veux surtout dire que c'était une force autonome et efficace d'elle-même, n'ayant pas besoin de beaucoup de consignes à recevoir d'en haut et où chaque soldat pouvait prendre des initiatives et exécuter correctement sa mission.
4. A part une formation en cartographie sur la situation de la ville de Kigali, nos soldats se relayaient pour l'escorte des convois afin qu'ils puissent avoir l'occasion de visionner personnellement tous les quartiers de la ville de Kigali et des agglomérations alentours.
- Concernant le Network qui était déjà opérationnel dans Kigali et qui travaillait directement avec le haut commandement à Mulindi, le commandement s'est modifiée un peu avec l'arrivée des 600 militaires à Kigali : toutes les activités furent mises sous les ordres du Lt Colonel Kayonga. Mais, avant que Kayonga ne vienne s'installer à Kigali, chaque fois que c'était possible, toute information urgente passait par Karake Karenzi qui représentait le FPR au sein du GOMN d'abord et de la MINUAR ensuite.
En vérité, c'est à partir du moment où les 600 militaires du FPR furent installés à Kigali que nous étions convaincus que, quelles que fussent les circonstances, Kigali nous appartenait et que nous allions éventrer tous ces Hutus de Habyarimana. Quand le Col Bagosora disait qu'il allait préparer l'apocalypse, il ignorait que le FPR était aussi entrain de préparer le sien et qu'il était tout près du but.
- Quand nous observions le désordre parmi les forces gouvernementales; quand nous constations comment la ville − malgré la présence des Interahamwe, des militaires et des gendarmes − n'était pas du tout protégée, nous avions hâte de nous en emparer. Mais tout le monde savait que, même si la prise de la ville de Kigali était possible, cela devait occasionner des conséquences désastreuses. De nos agents qui étaient infiltrés un peu partout parmi la population, au sein des partis politiques, parmi les Interahamwe, dans les meetings des partis politiques, il ressortait que la plupart avaient espoir dans les Accords d'Arusha, mais parmi les irréductibles (les durs du régime) Arusha était comme un rêve. En fait, on remarquait que des deux côtés il ne restait que le recours au plan A, celui de relancer les combats, puisque le plan B était un secret pour chaque partie au conflit, secret qui serait dévoilé quand le processus d'intégration aurait abouti, le tout devant éclater quand le FPR serait installé dans le pays. Les plus avertis pouvaient constater que quelles que soient les circonstances, la guerre allait reprendre et qu'elle sera sans merci, faisant des millions de victimes parmi la population civile.

LE FPR MENAIT LE GOUVERNEMENT HABYARIMNA PAR LE BOUT DU NEZ

Pour que les combats reprennent, il fallait des prétextes, l'espoir d'une victoire rapide, c'est-à-dire en passant par la voie la plus rapide.
Explication
Après avoir créé un climat délétère, semé la zizanie dans les partis politiques de façon à séparer les sympathisants du FPR des irréductibles du Power, le FPR venait de casser en deux la force des Hutu, y compris au sein de l'armée même si les militaires n'étaient pas autorisés à adhérer aux partis politiques ouvertement, chacun a toujours ses préférences politiques. Les forces armées ne pouvaient pas combattre efficacement sans parler un même langage. Il y en a qui croient que c'était du ressort exclusif de Habyarimana mais ce n'était pas le cas. Son influence n'allait pas partout, certainement pas à ceux qui ne le soutenaient pas même s'ils n'étaient pas pour autant d'obédience FPR. Le FPR ne les appréciait pas et ne souhaitait pas non plus qu'ils se rangent de son côté. Par contre le FPR avait intérêt à les voir opérer dans le sens qui renforçait ses chances de reprise des combats.
Après les assassinats de certains responsables de divers partis politiques et les échecs pour l'élimination d'autres, le FPR attribuait ces faits au parti MRND. Mais des fois le MRND et le CDR étaient réellement les vrais commanditaires de certains assassinats. Ainsi, l'Etat restait seul responsable aux yeux du public qui considérait que le désordre était provoqué par les autorités en place qui refusait la mise en place d'un Gouvernement d'Union prévu par les Accords d'Arusha. Ce piège du FPR a fait mouche et l'Etat fut continuellement accusé comme étant le seul responsable de cet état de choses sans que le FPR fut soupçonné. En vérité si nous revenions aux exactions commises par nous les INKOTANYI, dans les zones que nous contrôlions, et toutes les atrocités faites aux populations innocentes originaires des régions au Nord du pays, il était très difficile de dissocier les actions des Inkotanyi et celles des Impuzamigambi.
Par la suite, les irréductibles de Habyarimana, même si on ne devrait pas avoir peur de signaler que la majorité des proches du Président (Akazu) étaient originaires du Nord, trouvaient qu'il n'y avait aucune raison de s'opposer à la participation de la CDR dans la gouvernance du pays alors que ce parti était une création et un outil du MRND qui lui participait au gouvernement de transition. Il n'était pas concevable que le FPR et son armée APR participent à la gestion du pays alors qu'ils étaient aussi des criminels comme nous l'avons vus dans les pages précédentes. En fait, les raisons avancées aussi bien par le FPR que par Habyarimana pour refuser la mise en place des institutions n'étaient que des prétextes que les gens ordinaires étaient incapables de s'expliquer. En effet il était difficile de prouver que le FPR était une armée de criminels, parce qu'il savait camoufler ses forfaits, et les faisait endosser par le MRND et l'Etat.
La différence entre les assassinats commis par l'Etat et ceux commis par le FPR réside dans le fait que le FPR recourait aux services des professionnels bien entraînés, qu'il ne criait pas tout haut ses exploits et ne tolérait pas que les observateurs indépendants viennent fourrer leur nez dans ses affaires. L'Etat, par contre, utilisait les Interahamwe drogués au chanvre et leurs exactions étaient commentées victorieusement par la radio RTLM et tous les journaux soutenus par le régime de Habyarimana.

POURQUOI LES CRUAUTES FAITES DANS LES ZONES CONTROLEES PAR LE FPR SONT RESTEES MECONNUES

La principale ruse toujours utilisée par le FPR est de nier tous les crimes commis, même si par la suite il doit avouer après le constat que cela ne lui ferait pas de tort. Pendant toute la durée de guerre, le FPR n'a autorisé la visite des journalistes dans sa zone de contrôle que quand il était sûr qu'ils ne lui étaient pas hostiles. Quant aux autres journalistes, c'étaient ceux qu'il avait corrompus comme le nommé Hussein Abdou Hassan de la BBC. Personne ne savait s'il s'agissait d'un Inkotanyi ou d'un journaliste d'une Radio aussi respectable comme la BBC. Pour faire visiter les journalistes dans sa zone de contrôle, le FPR les invitait quand il voulait, les conduisait là où il voulait, et même les prévenait qu'il y avait des mines cachées ici et là, que les combats font rage de ce côté-ci, bref le journaliste était orienté dans une voie bien préparée longtemps à l'avance. En général on les faisait visiter le long de la frontière et non à l'intérieur du pays. Ainsi les journalistes croyaient faire une longue distance à travers le pays alors qu'ils ne dépassaient même pas 1 km de la frontière et une fois fatigués, ils étaient logés sur place. Cette supercherie a longtemps alimenté la propagande du FPR sans que personne n'aperçoive ses charniers.
Un autre point où les Inkotanyi ont été plus rusés que le gouvernement, consistait à brûler les corps de ses victimes pour disperser les cendres loin des lieux des massacres de façon qu'il n'était pas facile d'identifier les personnes tuées. Mais nous connaissons plusieurs endroits où les massacres des populations ont eu lieu. En aucune occasion on ne pouvait surprendre les Inkotanyi car il fallait avoir une autorisation pour pénétrer et se promener dans la zone qu'ils contrôlaient.

LA CRUAUTE UTILISEE PAR LES INTERAHAMWE A ETE COPIEE SUR LES INKOTANYI

Toute mort fait peur, mais je me contenterai de décrire la façon de donner la mort des deux côtés. Il s'agit de ce que j'ai vu de mes propres yeux, que ce soit l'œuvre du FPR ou celle de l'Etat via ses durs des services de sécurité.
DU COTE DES INKOTANYI qui ont été les premiers à commettre des crimes de guerre à partir du 4-10-1990 après la mort de Rwigyema survenue en date du 2-10-1990. Je parle de Rwigyema puisque lui n'aurait pas toléré qu'une armée sous ses ordres massacre des populations civiles aussi atrocement et inhumainement en utilisant les méthodes suivantes:
1. Lier les jambes à part, attacher les bras dans le dos et tirer jusqu'à ce que la poitrine éclate et fasse un bruit sec, mettre le supplicié à genoux, le frapper avec une douille de houe usagée en pleine tête. La victime tombe ainsi par terre, sa tête est fracassée sur les deux tempes jusqu'à ce qu'elle soit réduite en une sorte de motte de terre écrasée.
2. Attacher la victime comme décrit ci-dessus, la transpercer de plusieurs coups de couteau dans les côtes, ou poser un pied sur son ventre et appuyer très fort tout en la transperçant à l'aide d'une baïonnette.
3. Attacher la victime et couvrir la tête d'un sachet en plastique jusqu'à l'étouffement par manque d'air.
4. Attacher une personne et, à l'aide d'une seringue, lui introduire du pétrole dans les deux oreilles et lui administrer des gifles simultanées sur les deux tempes. La victime est immédiatement prise de vertige et finit par mourir.
5. Enrouler une corde autour du cou, faire coucher la personne par terre et serrer la corde jusqu'à l'étranglement total.
6. Attacher très fort les jambes et les bras, suspendre la victime sur un poteau la tête vers le bas. De cette façon le sang jaillit des oreilles, de la bouche et du nez jusqu'à ce que mort s'en suive.
7. Pour soutirer des informations de quelqu'un, il faut le torturer pour le faire mourir à petit feu : le transpercer de coups de couteaux, le brûler par des gouttes de plastic chauffé, piquer le sexe avec des aiguilles - obliger les frères et sœurs d'avoir des relations sexuelles, un enfant avec son père ou sa mère alors qu'ils avaient signalé avoir une parenté très proche,...
8. La plupart du temps ceux qui étaient tués par balles ou grenades, c'était uniquement parce que les bourreaux n'avaient suffisamment pas de temps pour les torturer. Les autres victimes qui avaient le privilège d'être tuées par balles étaient les femmes et jeunes filles qui se faisaient d'abord violer par les Inkotanyi ; ainsi ces derniers se croyaient protégés contre la mort sur le champ de bataille. Et pourtant, malgré qu'un tel comportement était réprimé par l'application du règlement, il a été régulièrement commis par les combattants du FPR. Les rares femmes qui survivaient à leurs viols, elles ne pouvaient pas savoir que leurs malfaiteurs ont été punis, pensaient tout simplement que cette pratique était tolérée par les Inkotanyi. Une autre pratique inhumaine que je ne peux pas passer sous silence − même s'il était sanctionné aussi − concerne les Inkotanyi qui, après avoir violé des femmes, introduisaient dans les organes génitaux de leurs victimes des couteaux ou des troncs d'arbre ainsi elles saignaient jusqu'à ce que mort s'en suive.
9. Pour tuer des enfants les soldats du FPR ne perdaient pas leur temps : il suffisait de prendre le bébé par les jambes, le balancer énergiquement et fracasser sa tête contre le mur d'une maison. Ceci occasionnait la mort instantanée de l'enfant.
10. Je ne connais aucun cas où les Inkotanyi auraient éventré une femme enceinte tel que rapporté par les Radios Rwanda et RTLM. Si de tels cas ont existé, j'en ignore personnellement. Par contre, ce que je peux affirmer c'est que pour de tels cas, nos militaires donnaient des coups de genoux au ventre et dans les côtes et les étouffaient ensuite à l'aide des sachets en plastique. Car, j'ignore où les Inkotanyi ont puisé cette science, ils prétendaient qu'une femme enceinte ne meurt pas facilement d'un coup de massue ou qu'il lui prend du temps pour mourir.
DU COTE INTERAHAMWE, les techniques ne diffèrent pas beaucoup de celles pratiquées par le FPR, à part que les armes utilisées n'étaient pas les mêmes.
1. Ils utilisaient la machette pour tuer une personne, si possible de la tête jusqu'aux pieds.
2. Des gourdins cloutés ont été utilisés pour fracasser d'un seul coup la tête d'une victime.
3. Des grenades étaient utilisées pour les exécutions de masse.
4. Ils tuaient les enfants de la même façon que les Inkotanyi.
5. Des filles étaient liquidées après avoir été violées.
6. Ils éventraient des femmes enceintes, ceci je l'ai vu moi-même.
7. Ils obligeaient des personnes d'une parenté proche à l'inceste.
8. etc... d'autres atrocités apprises des pratiques des Inkotanyi.


LES DEUX ETHNIES ONT REPONDU A L'APPEL AUX MASSACRES CÔTÉ DES HUTU

Il est triste et malheureux que les Hutu aient trempé dans les massacres d'une telle ampleur. En réalité, les véritables témoins du génocide sont ceux qui l'ont perpétré et nous aussi, Inkotanyi, qui avons sillonné tout le pays de conquête en conquête.
Que je me fasse bien entendre, même si les témoins directs ont disparu, parce que même les rescapés s'étaient cachés et ne pouvaient voir cela des yeux, tous les Hutu, du Président de la République jusqu'aux enfants en bas âge, ont coopéré aux massacres des Tutsi en vue de leur extermination. Nier cela relève de la mauvaise foi, même si l'on n'a rien à se reprocher. Avoir refusé de participer aux massacres mérite la reconnaissance, mais l'on ne peut pas nier que les Hutus n'ont pas pris part au génocide.
L'extermination des Tutsi a été ainsi orchestrée par les autorités du sommet à la base, elles étaient représentées par les services de sécurité qui y ont participé, elle a été également exécutée également par toutes les milices dans un plan d'extermination d'une ethnie comme cela est déclaré et admis aujourd'hui.

CÔTÉ DES TUTSI

Les Tutsi n'ont jamais entrepris d'exterminer les Hutus. C'était d'ailleurs impossible vu leur force et leur nombre.
Il en va autrement en ce qui concerne les INKOTANYI du FPR. Les militaires du FPR prenaient plaisir à massacrer la population parce c'était l'ordre par leur chef Kagame. Ici, je dois rappeler que Kagame a donné cet ordre suite aux rapports des champs de bataille qui confirmaient notre impossibilité de conquérir les zones habitées. En effet, la population donnait des alertes à notre présence et effectuait des rondes de nuit pour nous traquer. Elle était en outre encouragée à dresser des chiens qui aboyaient dès que nous nous trouvions au loin pour alerter ainsi les militaires du gouvernement et la population qui sortait des maisons pour se cacher.
Selon Kagame, quelques Hutu que comptait le FPR l'avaient convaincu que la politique du MRND ne pouvait pas être déracinée de têtes des « ABAKIGA » (gens du Nord) par de simples tracts ou par nos réunions politiques auxquelles ils ne viennent d'ailleurs pas participer. C'est ainsi qu'il avait formulé l'ordre : « FYEKA HAWO WAJINGA WOTE » (balayez tous ces imbéciles). Kagame prononça ces mots pour la première fois en décembre 1991 en visite à l'Unité (Unit) militaire appelée « Yankee combined mobile force » à Gikoba, à Shonga commune Muvumba. Cette région militaire comptait alors les unités (Units) suivantes: Zulu, Nkurumah, Bravo, Mike, Sierra, ... Toutes ces unités avec « Combined mobile force » étaient de part et d'autre de l'endroit où se trouvait Yankee à l'époque.
Toutefois, il n'était pas raisonnable que les civils répondent des crimes commis par les seuls militaires du FPR dont la plupart ignorent d'ailleurs comment il a été fondé. C'est ce qui explique mon agacement parce que je ne comprends pas comment dans tout le pays les Hutu se sont fondés sur ces crimes du FPR pour exterminer une ethnie.
En bref, les Hutu, sous l'administration du pouvoir en place à tous les niveaux, ont exterminé les Tutsi. Même ceux qui ont eu la vie sauve, auraient pu être tués, simplement ils n'ont pas été trouvés. Ceux qui s'y sont opposés méritent la reconnaissance.
Les Tutsi du FPR, je parle des militaires, ont massacré les Hutu en masse, le plus grand nombre possible. Pour être clair, les Tutsi du FPR ont tué tout Hutu qu'ils ont rencontré ou celui dont la belle occasion s'est présentée. Ce crime ignoble a été commis par environ 23000 militaires du FPR. Certains le faisaient parce que c'était un ordre du chef, d'autres par le simple plaisir de tuer, et tout cela parce que c'était un droit, une autorisation émanant d'un seul homme : KAGAME.

LES RAISONS DE REPRISE DE LA GUERRE TELLES QUE SOUHAITEES PAR LE FPR

Comprendre cet élément permet également de saisir comment le génocide a été rendu possible, tout ce qui a été manigancé pour l'accélérer afin que le FPR trouve des raisons de reprendre la guerre, d'espérer une victoire militaire rapide par la voie la plus courte.
C'était la stratégie habituelle de Paul Kagame chaque fois qu'il devait justifier la reprise de la guerre en 1992, 1993 et 1994: montrer à la communauté internationale que le gouvernement massacre les gens et ne respecte pas les droits de l'homme. Pour y arriver, Kagame assassinait des hommes politiques ou les Tutsi et montrait du doigt le MRND. Parfois le MRND était réellement coupable. Une victoire militaire du FPR ne pouvait être possible qu'avec peu de soldats gouvernementaux au front. D'où la stratégie du FPR de semer la zizanie dans le camp gouvernemental en divisant les Hutu et en distrayant les militaires du gouvernement alors que Kagame voyait la route s'élargir vers le pouvoir. Ce plan requérait un raccourci: semer les troubles en tuant HABYARIMANA et en sacrifiant sciemment les Tutsi de l'intérieur.
Par ailleurs, pour que la victoire soit possible, l'Armée Patriotique Rwandaise (APR) devait exécuter le plan de Kagame : tout faire pour entraîner et distraire les militaires gouvernementaux dans les massacres et les viols. Nous ne devions pas nous écarter de notre seul et unique objectif: conquérir le pouvoir. Il était hors de question de sauver les Tutsis menacés de mort. Nous avions les instructions de ne venir en aide qu'à ceux qui par chance se trouvent sur notre passage et non au-delà.
Nous les enfants nés au Rwanda et et qui avions de la famille, nous avons été écœurés par l'attitude de Kagame dans ce qu'il appelait "arrêter le génocide" dans le seul dessein de tromper la communauté internationale. Nous nous sommes même demandés si c'était pas vrai, la thèse répandue selon laquelle il n'y avait pas de Tutsi au Rwanda ou que ceux qui avaient cette physionomie n'étaient pas Tutsi en réalité parce qu'ils ont épousé les comportements et les idées hutu.

6 AVRIL 1994 : ASSASSINAT DU PRESIDENT HABYARIMANA

A propos du FPR, j'en ai parlé beaucoup mais en réalité il ne s'agit pas du FPR tel que nous le connaissons dans les médias, même actuellement le FPR qui fonctionne dans les salons, n'est pas le FPR officiel. Je veux dire, le FPR de Kagame, n'était pas le FPR de Kanyarengwe. En assassinant le Président Juvénal HABYARIMANA, ce FPR parallèle visait ceci :
1. En le tuant, personne d'autre ne pouvait mobiliser les gens pour résister contre le FPR. Il était en effet difficile de trouver quelqu'un qui avait une base politique suffisante et qui en même temps avait une mainmise, une réelle autorité sur l'armée. Il était difficile de trouver une personnalité comme Habyarimana pour trouver des aides extérieures parce qu'il avait beaucoup d'amis personnels parmi les chefs d'état. Je n'accepte pas la thèse selon laquelle la majorité de la population n'aimait plus Habyarimana parce que nous avons vu ce qu'ils ont fait à sa mort. Sa succession s'annonçait donc très difficile surtout si le pays y compris la capitale Kigali, devait se trouver à feu et à sang.
2. La mort de Habyarimana devait engendrer un désordre sans précédent dans lequel beaucoup de gens devraient trouver massivement la mort. Sans même viser Habyarimana personnellement, tous nos opérateurs du Network à Kigali avaient informé dans leurs rapports que l'assassinat d'un autre homme politique important entraînerait à coup sûr l'extermination des Tutsis. Tout le monde devrait comprendre ceci car c'était une réalité. Pour preuve, lorsque nous avons assassiné Katumba, des milliers de Tutsi sont morts en représailles, parce que c'était un interahamwe connu uniquement dans le quartier Gakinjiro. Qu'est-ce que Kagame croyait qu'il allait arriver à la mort du Président Habyarimana-ikinani ? Quand nous avons repris les hostilités à Muvumba, des milliers de Tutsi ont tués par exemple au Bugesera, que pensait-il si Kinani devait être tué ? Qui ignore l'embrasement qui s'est produit lorsque Félicien Gatabazi a été tué, assassiné par les Inkotanyi, le lendemain c'est Bucyana qui a été tué et le sang a coulé partout. En assassinant Habyarimana Kagame avait prévu les conséquences. Ces conséquences constituaient un avantage pour Kagame, parce que les FAR, les GD, les CDR, les INTERAHAMWE et tous ceux qui opéraient comme eux n'avaient d'autre plan que de s'en prendre aux Tutsi et les massacrer, ces mêmes Tutsi qui ignoraient ce qui se tramait sur leur dos. Tandis que les Tutsi seraient massacrés, violés et pillés, nous devrions nous faufiler à Kigali pour la conquête de la capitale et la prise du pouvoir.
3. Assassiner Habyarimana constituait incontestablement la voie la plus directe pour rendre caducs les accords d'Arusha parce que les négociateurs ne pouvaient pas reprendre les pourparlers pour désigner un successeur au Président assassiné.
La façon dont Habyarimana a été assassiné et les informations qui ont été délivrées par des témoins de première main, dont je fais partie, ont été rapportées par la presse à sa manière, sans que je sache comment elle a eu accès à ces témoignages. Cela a suscité beaucoup de commentaires Ce n'est pas mon affaire, ceux qui ont fait des enquêtes, ceux qui porteront plainte et ceux qui seront inculpés, savent comment ils vont se comporter devant la justice, comment ils vont contester les charges qui leur seront imputées. En ce qui concerne les autres massacres attribués au FPR, j'écrirai bientôt tout ce dont je me rappelle y compris les noms de ceux qui les ont perpétrés parce que j'étais présent dans cette guerre dès le début. Ce que j'ignore c'est les endroits et les exactions auxquelles je n'ai pas assisté quoique j'ai été souvent informé par d'autres.
Ce qui est important à propos de l'assassinat de Habyarimana, que je n'aimais pas du tout et que j'ai combattu, c'est que des gens insoupçonnables par Kagame et son entourage, ont témoigné. Il sera surpris de se voir accusé par de gens qui ont comploté avec lui, des personnes considérées à l'époque comme des intimes et sur lesquels il se trompe encore aujourd'hui.
En ce qui concerne les militaires qui ont exécuté l'ordre de Kagame d'abattre l'avion ou ceux qui ont transporté les missiles de Kigali à Masaka, la communauté internationale devrait veiller sur leur sécurité pour s'assurer qu'ils ne soient assassinés en vue de faire disparaître les témoins gênants. Je citerai quelques noms pour qu'ils soient suivis :
• Major Ruzahaza. Le jour où les missiles devaient quitter Mulindi, c'est lui qui a conduit les militaires jusqu'au Convoy. Il était capitaine à l'époque avec 6 militaires sous ses ordres. Ils étaient escortés par des Casques Bleus ghanéens de la MINUAR qui n'ont pas remarqué la présence des missiles dans le camion;
• Warrant Officer 2 demob Eugène Safari. qui se surnommait « Karakonje » parce qu'il adorait la bière bien fraîche, conduisait le camion qui transportait le bois de chauffage de Mulindi à Kigali (quartier du FPR au CND) ainsi 2 missiles dissimulés dans des coffres sous le tas de bois ;
• Sergent Moses Nsenga. A l'époque, il était caporal. Actuellement, il s'est réfugié en Uganda. C'est le frère de Kayonga. Parmi ceux qui ont chargé les missiles dans le camion ont disparu seul le Sergent Tumushukuru est en vie. Les autres comme le caporal WO2 Rwamapasi Stanley est mort en 1998, le Caporal WO2 Seromba est mort en 1997. Le chargement de ces missiles était par ailleurs supervisé par l'actuel lieutenant-colonel Joseph NZABAMWITA avec le Major BIRASA qui était alors capitaine, celui-ci a été assassiné par Paul KAGAME;
• Sgt Mazimpaka Didier qui aurait aujourd'hui le grade de sous-lieutenant, il a conduit la Toyota Stout 2002 qui transportait les deux missiles utilisés pour descendre l'avion de Habyarimana. Il a transporté les tireurs et les a ramenés au CND après l'attentat. Il a plusieurs fois échappé à l'assassinat par chance ou parce qu'il en était averti.
• Capitaine Frank Nziza. Il était sous-lieutenant à l'époque. C'est un tireur chevronné des missiles SA16 que nous appelions SAM 16. C'est lui qui a tiré le missile qui a désintégré l'avion en plein vol. Avant d'envoyer trois autres militaires en Uganda pour apprendre le maniement de ces missiles, il n'y avait personne au sein du FPR qui savait les utiliser. Ceux qui sont venus apprendre le maniement de ces armes sont : Sergent Nyamvumba Andrew, Sergent Twagira Steven, Caporal Hakizimamna Eric, tous étaient des soldats du High Command chargé de la sécurité rapprochée de Paul Kagame;
• Le caporal aujourd'hui Lieutenant Eric Hakizimana, c'est lui qui a tiré le premier missile qui a atteint l'aile droite de l'avion, celui-ci aurait même pu se poser mais le deuxième missile l'a complètement désintégré.
• Sergent Ntambara Potiano. Actuellement, il a le grade de lieutenant. Il est parti dans la Toyota qui transportait les missiles en tant que garant de sa sécurité il est revenu par le même moyen.
• Sergent Aloys Ruyenzi. Il est actuellement sous-lieutenant et se trouve en exil en Uganda. A cette époque, il avait remplacé le lieutenant Silas Udahemuka, le Chef des renseignements de Kagame. Ruyenzi se trouvait également à l'endroit où la décision d'abattre l'avion présidentiel a été finalisée lors d'une réunion présidée par le Maj Gen Paul KAGAME et donnant des ordres, le Col Kayumba Nyamwasa, le Lt-Col James Kabarebe, le Col Lizinde Théoneste, le Maj Jacob Tumwine et le Capt Charles Karamba. C'était le 31 mars 1994. Tous les participants à cette réunion sont encore en vie à l'exception de Lizinde qui a fui le Rwanda et a été assassiné pour cette raison. La pièce où s'est tenue cette réunion était gardée par le sergent Paul Karabayinga (actuellement lieutenant) et le sergent Sempa Peter. Celui-ci a perdu sa vie à Bukavu en 1996 dans des conditions jamais élucidées.
On peut en citer encore beaucoup de gens qui ont été au courant du projet d'attentat contre l'avion. Notamment au sein des membres du fameux Network (Réseau) et les militaires du 3ème bataillon stationnés alors à Kigali. Ce qui est inquiétant, c'est que tous ceux qui seront soupçonnés d'avoir coopéré à la collecte de ces informations seront éliminés par Kagame s'ils ne sont pas protégés. Personne n'ignore comment il a fait disparaître le capitaine Hubert Kamugisha qui nous dirigeait dans la recherche des renseignements à Kigali et dans les milieux des Interahamwe. Il a été tué dans la région de Bugesera. Son garde de corps a été sommé d'affirmer qu'il l'a entendu se suicider en tirant sur lui-même.
Celui qui n'est plus en bons termes avec Kagame, ou soupçonné de pouvoir divulguer ce secret, a été assassiné ou est surveillé de près en attendant une bonne occasion de l'éliminer. Afin que les Rwandais soient de plus en plus éclairés sur toute cette affaire, je publierai bientôt tous les noms des infiltrés, « techniciens », dont je me souviens qui opéraient avec moi à Kigali et même ailleurs au Rwanda.

LE FPR AVAIT-IL PREVU LES CONSEQUENCES LIEES A LA MORT DE HABYARIMANA
A-T-IL PREVU COMMENT IL ALLAIT SE COMPORTER PAR EXEMPLE POUR LA PROTECTION DES TUTSI?

Cette question est fondamentale car si les Rwandais savaient ce qui s'est passé, ils descendraient dans la rue pour exiger la démission de Kagame et sa traduction devant les tribunaux comme d'autres criminels. Voici des exemples montrant que l'APR était capable de sauver des gens, mais que cela n'entrait pas du tout dans les priorités de Kagame:
1. Les militaires de l'APR pouvaient marcher au moins 30 kilomètres par jour. C'est le minimum puisqu'il leur est arrivé, en faisant face aux attaques, d'effectuer 80 kilomètres et d'engager tout de suite le combat. C'est tout à fait vrai : la 59ème Unité a quitté Butaro pour passer la nuit à Miyove alors qu'elle avait interrompu la marche pendant longtemps en attendant des ordres dilatoires de l'officier supérieur Kagame. Ce dernier savait bien ce qu'il avait demandé à ses Cos. La 59ème Unité a poursuivi sa marche vers le CND pour y arriver le 10 avril 1994 dans la journée. D'autres Unités, comme Bravo et Alpha, ont mis seulement deux jours pour y arriver. Une partie de la 101ème est arrivée en même temps que les premières, une partie de la Police Militaire (Military Police) est arrivée le troisième jour, c'est-à-dire le 9 avril. A ce moment, les troupes transportaient, en plus de leurs effets personnels, plus de 30kg chacun. Ils marchaient jour et nuit pour nous apporter des munitions pour plusieurs jours en attendant que nous débloquions la route menant à Byumba. Les troupes pouvaient donc effectuer plus de 100 kilomètres (pour ceux qui sont venus de Butaro) en 3 jours, alors que nous nous battions en même temps le long de notre avancée.
2. Au fil des jours, certaines recrues des Inkotanyi provenaient du Rwanda en grand nombre. Hormis ceux qui sont venus de l'Ouganda qui prétendaient qu'il n'y avait pas de vrais Tutsi à l'intérieur du Rwanda, que ceux qui y étaient restés étaient des matérialistes, qui n'ont pas voulu s'exiler, des Hutu dans leur manière de penser, nous autres, venant du Rwanda étions déterminés à aller au secours des nos familles qui étaient en train d'être décimées. Ce qui est surprenant, et qui a poussé bon nombre de nos compagnons au suicide, c'est qu'on nous empêchait de sauver des gens qui mouraient sous nos yeux. Certains prenaient leurs fusils pour se suicider, en déclarant qu'ils se sont trompés en se faisant enrôler dans les Inkotanyi. Moi, je ne me suis pas trompé, mais j'ai été fort chagriné par la non-assistance à nos familles qui mouraient alors que nous avions les moyens pour l'empêcher.
3. Nous connaissions Kigali plus que ses résidents. Nous connaissions tous les petits sentiers même ceux empruntés par les rats, nous connaissions Kigali nuit ou jour, nous savions tous les lieux où les gens devaient être secourus... Hormis Kigali, il n'était pas difficile de nous rendre dans d'autres régions du Rwanda. Nos compagnons qui en étaient originaires pouvaient nous indiquer le chemin.
4. Au Rwanda, on connaissait des régions où il y avait beaucoup de Tutsi qu'on pouvait protéger collectivement pour qu'ils ne soient pas massacrés. Ces régions n'étaient pas nombreuses. Ce sont, entre autres, Bugesera, Kibuye, Butare et Rwamagana. Ceux qui ont porté secours à certains endroits pouvaient également le faire dans les régions environnantes.
5. Voyons pourquoi Paul Kagame n'avait aucune envie de sauver des Tutsi alors que c'était lui qui les avait plongé sciemment dans une situation critique.
Prenons par exemple le cas de Kigali seulement
• Suivant nos capacités militaires, nous pouvions parcourir de longues distances en train de combattre, comment est-ce possible que l'APR n'a même pas pu protéger ceux qui étaient à l'ETO Kicukiro s'il y avait vraiment une volonté de sauver les gens ? Ne savait-il (Kagame) pas qu'il y avait des gens ? Etait-il si difficile de quitter le CND pour aller porter secours à des gens qui se trouvaient à moins d'une heure ?
• Y'a-t-il une si longue distance à tel point qu'on ne peut quitter Rebero pour porter secours aux gens qui se trouvent à Rwampala ?
• Comment peut-on expliquer que les criminels érigent une barrière meurtrière sur le petit pont près de la gare routière de Nyabugogo en direction de Gatsyata alors que Kagame avait la compagnie Bravo sur le mont Jari ? Comment expliquer qu'on a laissé tuer une foule de gens à Gisozi, à Kagugu, à Kinyinya alors que l'APR y était à moins de deux kilomètres ?
• Le CND était-il si loin que l'on ne puisse pas porter secours au gens qu'on décimait à Kacyiru, à Cyimicanga et au-delà de la Sainte Famille ?
• Comment peut-on expliquer que les gens ont été décimés au Bugesera alors que l'APR était à peine 35 kilomètres de Nyamata ? Il n'y avait pas de camps militaires sur notre route plus forts que les redoutables positions de Ruhengeri et de Byumba où les militaires de Habyarimana nous ont pourtant dû laisser passer?
en dehors de Kigali
• Mis à part le Bugesera mentionné plus haut, qu'est-ce qui nous a empêché d'intervenir à Kabuga et à Rwamagana ? Etait-ce si loin au point de ne pas y arriver à temps ? N'avons-nous pas par la suite montré que nous étions capables de nous rendre à Kinshasa à plus de quatre mille kilomètres (4000 km) nous n'y sommes pas allés par les airs, puisque nous avancions en zigzag ce qui a augmenté le nombre de kilomètres et nous y sommes arrivés à moins de 150 jours ? Ce qui revient à dire que nous effectuions 26 kilomètres par jour. Il nous arrivait d'effectuer même plus de 80 kilomètres !
• A Butare par exemple, pourquoi les Tutsi ont-ils été tués, alors que le génocide y a commencé plus d'un mois plus tard ? A Kibuye, personne n'est allé secourir les Tutsi qui se sont défendus jusqu'au mois de juin où ils ont fini par être massacrés sauvagement, après avoir manqué d'assistance ?
• N'allons pas très loin, restons au portail du CND à 20m. Si les inkotanyi se souciaient des gens, pourquoi Kayonga, qui savait que l'avion allait être abattu, a-t-il ordonné que les civils soient chassés et qu'on ferme les portails de l'enceinte, afin d'éviter qu'on dise qu'on les a cachés sciemment ? Combien de cadavres tutsi ont-ils été écrasés par des véhicules au rond point de Kimihurura, alors que les gens avaient été chassés du CND, où ils étaient allés trouver refuge,? Quel est le sacrifice des Tutsi plus fort que celui-là ?
Je l'ai déjà dit et je le répète : KAGAME NOUS A EMPECHES DE SAUVER NOS FAMILLES ALORS QUE NOUS EN AVIONS LES MOYENS ET LA VOLONTE.
Ce que je peux ajouter, c'est que l'on a secouru les gens pour trois raisons :
1. Une personne dont le FPR aurait besoin pour le pouvoir
2. Des personnes qui par hasard se trouvaient sur notre chemin
3. Certains commandants pris de pitié ont sauvé des Tutsi à l'insu de Paul Kagame. Sauver les paysans tutsi n'a jamais fait partie de la stratégie Kagame
Voyons brièvement l'ambiance qui régnait au sein des militaires de l'APR pendant le génocide. En tant que soldat, qui a fait la guerre, je conçois qu'il est nécessaire de disposer des troupes fraîches qui peuvent remplacer les troupes militaires au combat quand c'est nécessaire, ou qui peuvent les renforcer, cela est vraiment très utile.
Mais il n'y avait vraiment aucun plan de secourir les gens. Dans Kigali il y avait des Unités de l'APR dont certaines avaient été envoyées et d'autres formées sur place. On peut citer entre autres : Alpha, Bravo, la 59ème, la 7ème, la 3ème et Police Militaire. D'autres avaient des « Coys » à partir de A-B-C-D-E-F-G-K- HQ. Là où il y avait peu, il y en avait 10 et chacun comptait près de 170 personnes. Il y avait également de grandes unités qui comptaient jusqu'à 2000 personnes. Ajouter à toutes ces personnes une multitude de techniciens infiltrés dans la ville de Kigali. En réalité, il y avait dans la ville de Kigali et dans les environs plus de 12000 militaires de l'APR pendant que des gens mouraient autour d'eux.
Ce qui s'est passé après la prise d'une grande partie de Gikondo est consternant : au moment où le sang des nos êtres les plus chers coulait, les officiers supérieurs affectaient un grand nombre de militaires pour piller les grands magasins comme Magerwa. Les militaires n'allaient pas secourir ceux qui étaient en danger puisque cela ne faisait pas partie de leur mission donnée par Kagame. Lorsque celui qui passait outre pour prendre l'initiative perdait un homme hors de sa zone d'action, il était jeté en prison. Des hommes comme Kaka, Dodo, Ngonga, Bagire, Kayonga rivalisaient dans le pillage des Land Cruisers qu'ils transformaient en jeeps d'escorte. Ces militaires ressemblaient aux Interahamwe. En vérité tout ce qui va pourrir commence par le haut.
On n'a jamais connu de meilleurs combattants que les hommes évoqués ci-dessus. Ajoutez à ceux-là Kaddafi, Nyamurangwa, Kwikiriza, Kalisa, Rwigamba, Nkubito et bien d'autres. Nous les considérions comme des combattants qui connaissaient leur devoir. Mais ils n'avaient pas de mandat. Au lieu d'aller protéger les gens, ils se sont livrés à la débauche avec les femmes, au pillage des Nido, des Carlsberg, des Whisky, des Mützig et des Primus. C'est à partir de cela qu'a commencé les vagues de pillages. Au moment où les Interahamwe tuaient et pillaient, l'APR continuait à festoyer à Magerwa et dans la sucrerie de Kabuye. Après avoir tué des innocents à Byumba, l'APR s'est livrée au ratissage dans les voisinages et au pillage du pays, acheminant le butin en Ouganda. Tout ceci est consternant. Je donnerai par la suite d'amples détails dans d'autres écrits. (à suivre ...)




 
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