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 Témoignage de Abdul RUZIBIZA (partie III)

Infos Politiques

Témoignage de Abdul RUZIBIZA

RUZIBIZA J-ABDUL
Birkenesveien, 62
4647 Brennâsen
NORGE
PS. : J'ai préféré donner ma photo ainsi que mon adresse actuelle afin d'éviter que mon témoignage ne soit pris pour un tract ou comme un témoignage donné par un vagabond sans adresse comme le Président Kagame l'a déclaré lors de sa dernière visite à Bruxelles
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POURQUOI KAGAME SE PRESENTE-T-IL COMME LE SAUVEUR DES TUTSI ?

Ceci est un mensonge, le jour où il sera dévoilé, Kagame en sera la première victime. J'ai montré comment la situation a évolué des deux cotés, comment les Interahamwe sont devenus de plus en plus cruels. Ceux qui ont montré le plus de cruauté sont ceux qui avaient fui les combats du FPR qui leur avait décimé des gens dans les régions de Byumba et de Ruhengeri. Aux portes de Kigali, ces Interahamwe étaient devenus comme de vrais animaux, incapables de différencier les Inkotanyi des Tutsi. A cela il faut ajouter la propagande divisionniste, la mort du Président et de sa suite, lesquels étaient responsables des Interahamwe, et des FAR, ils ne voyaient pas qui pouvait affronter le FPR. Tout cela ne pouvait que conduire à l'extermination des Tutsi.
A cause des massacres odieux commis par les Interahamwe contre des Tutsi, les erreurs de Kagame, quelle que fût leur gravité, perdaient de poids pour les Tutsi qui le considèrent comme celui qui a stoppé le génocide. Et comme il adore les honneurs, Paul Kagame a fait avaler cette version des faits qui le permet de s'arroger le droit d'écraser quiconque sort de sa ligne de pensée.
A ceux qui pensent autrement, il dit « vous êtes des criminels ! » Aux pays étrangers qui lui demandent de tempérer sa politique oppressive, il répond : « Taisez-vous ! les gens sont morts sous vos yeux. Moi je suis parvenu à renverser le gouvernement, qui les tuait, et à arrêter le génocide. Comment vous mêlez-vous de nos problèmes ? »
Et voilà qu'il s'impose comme celui qui a sauvé les rescapés alors que c'est lui qui a causé le désastre. Un Tutsi a servi de détonateur aux massacres des Tutsi pour les laisser périr sans défense.

L'IMPLICATION DES PAYS ÉTRANGERS DANS NOTRE CONFLIT

Bien sûr des choses affreuses existent dans toutes les révolutions, dans les guerres dites de libération, dans les affrontements entre les armées régulières et les rebelles, mais dans la guerre des Inkotanyi, j'ai vu beaucoup trop de choses. Maintenant ils veulent continuer à tenir le peuple sous le joug du mensonge et de l'intimidation.
Premièrement, la guerre est partie d'Ouganda et elle a été menée par une armée composée majoritairement de jeunes Tutsi venant de plusieurs pays : de l'Ouganda, de la Tanzanie, du Zaïre, du Burundi, du Rwanda, du Kenya et en petit nombre d'autres pays.
Ceci suffit pour comprendre d'emblée que ces pays y ont joué un rôle. Il semble être clair que ces pays ont été informés et qu'ils ont permis aux jeunes Tutsi d'y transiter pour se rendre au front. Parmi ces pays, il y en a qui envoyaient des agents de renseignement pour accompagner ces recrues. Plus de 30.000 personnes ont transité par le Burundi pour entrer en Ouganda. Celui-ci a accueilli beaucoup de jeunes recrues. Tout le monde devait y passer.
Deuxièmement, le Rwanda, tout comme le FPR, ne fabriquent pas d'armes. Ils doivent les acheter. Les acheter suppose des deux côtés et qu'il y a des pays qui les vendent. Le Rwanda utilisait ses propres fonds pour acheter des munitions, recevait d'autres sous forme d'aide ou de crédits de pays amis. Parmi ces pays amis, il y a la Belgique, la France, la Chine, la République Sud-Africaine, l'Egypte, la Russie, etc. La guerre demande continuellement qu'on achète de nouvelles armes susceptibles de faire face à celles de l'ennemi. Il faut donc des instructeurs, souvent étrangers pour enseigner le maniement de ces nouvelles armes.
On sait qu'il y a eu des instructeurs belges et français au Rwanda. De la même manière, personne ne peut nier que l'APR avait des instructeurs ougandais et que certains militaires étaient envoyés en formation dans les pays amis. On ne peut donc pas ignorer cette logique.
Parmi les questions soulevées aujourd'hui, le Rwanda accuse la France d'avoir joué un rôle dans ce qui s'est passé au Rwanda en entraînant des Interahamwe. Moi je demande ceci : que devaient apprendre les Interahamwe qui nécessitait l'expertise française ? Ce qu'ont fait les Interahamwe, c'est couper avec des machettes ou lancer des grenades. Ils devaient également manier des fusils en usage au Rwanda, tâche que les policiers communaux pouvaient accomplir. Si les Français étaient venus inciter les Interahamwe à haïr leurs compatriotes, les encourager à verser du sang, les commander, j'aurais accepté qu'ils aient joué un grand rôle. Tuer des paysans sans défense ne demande tout de même pas une expertise française ! Bien sûr les Français ne sont pas sans blâme, car au moment où nous maudissions Habyarimana, eux le portaient dans les nues comme un grand ami. Pour moi et pour d'autres membres du FPR, l'ami de notre ennemi était notre ennemi. Mais pourquoi continuer à accuser la France ?
J'ai bien évoqué des endroits où nous, les Inkotanyi, avons massacré la population. Devons-nous traduire devant les tribunaux internationaux pour crimes de génocide les Burundais qui nous ont donné le passage et les Ougandais qui nous ont formés et fourni les munitions ? Après le génocide et pendant la guerre du Zaïre les militaires rwandais ont été instruits par des Américains, des Israéliens, des Coréens du Nord, des Sud-Africains, des Ethiopiens, des Erythréens, des Russes, des Kenyans et d'autres encore. Est-ce que cela veut dire que ces pays doivent répondre des crimes que nous avons perpétrés contre des Hutu et des Congolais que nous avons exterminés au Zaïre?
Notre armée comptait dans ses rangs des militaires ougandais. Kagame l'a accepté, et il les renvoyés en les remerciant officiellement. Certains de ces militaires maniaient des armes lourdes comme 122mm, 107mm, 120mm. Devons-nous pour cela prendre l'Ouganda au cou pour justifier les problèmes du génocide ?
Il est temps que les Rwandais soient réellement libérés. Il faut qu'ils connaissent l'origine du mal qu'ils ont enduré. Habyarimana a planifie l'ineffable et Kagame l'a exécuté. Habyarimana est mort, mais Kagame peut être encore traduit devant les tribunaux pour être jugé. Cela me semble nécessaire afin que les Rwandais puissent vivre ensemble en paix.
Ceux qui ont aidé Habyarimana avaient des intérêts communs avec lui, il savait mentir à la communauté internationale et tout le monde accourait. Cela a pris fin en 1990. Le Zaïre et la Belgique sont venus au secours sous le prétexte que l'Ouganda avait attaqué le Rwanda, mais dès qu'ils ont constaté que ce sont les Tutsis qui voulaient rentrer au Rwanda, ils ont retiré leur engagement ; le lendemain ce sont les Français qui ont porté secours à leur ami Habyarimana alors que les autres l'avaient abandonné. Arrivés sur place ils ont coopéré dans le commerce de la drogue dans les affaires des présidents Habyarimana et Mitterrand ainsi que leur entourage. Sur le marché des armes et des munitions, les marchands se sont faits avoir, là aussi il y a une explication à propos des relations entre Habyarimana et Mitterrand, le FPR prend cela comme prétexte pour cacher ses propres forfaits. C'est triste mais cela ne l'innocente pas.

QUE FAIRE MAINTENANT ?

L'ONU doit oser et sortir de cette honte de ne pas avoir pu sauver les Rwandais. Y'a-t-il eu des résolutions qui incitaient Hutu et Tutsi à se battre ? A-t-on oublié les paroles de Kagame interdisant toute intervention de l'ONU sous l'argumentation qu'il n'en avait plus besoin et qu'il arrêterait lui-même le génocide ? Si l'ONU s'était engagé et si l'on avait tué des casques bleus qui craignent la mort, à qui la faute aurait-elle été attribuée ? Quels sont les pays qui composent l'ONU, pourquoi parmi les puissances qui le composent une seule serait-elle montrée du doigt ? Est-ce parce que c'est la seule puissance qui aurait pu empêcher le génocide ?
IL FAUT UNE ENQUETE INTERNATIONALE SUR LES RAISONS QUI ONT PERMIS AU GENOCIDE D'AVOIR LIEU EN UN BREF ESPACE DE TEMPS. IL FAUT IDENTIFIER LES RESPONSABILITES PARMI LES DEUX PROTAGONISTES, L'ETAT ET LES MAQUISARDS.
RUZIBIZA A. JOSUE
(Sé)
RUZIBIZA ABDUL JOSUÉ
Pour toute information supplémentaire, l'auteur peut être contacté par l'e-mail ci-dessous.
En cas de besoin, je lui donnerais le numéro de téléphone où je peux être joint.
Email: ruzibiza@operamail.com
Le 07 avril 2004

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Je voudrais tout d'abord m'associer de tout cœur avec les amis et tous les Rwandais en général pour la mémoire d'innocents Tutsi qui ont été sacrifiés par le FPR dont je faisais partie. Je condamne avec la dernière énergie toute personne qui a versé le sang de ces innocents qu'il soit maudit, et que la malédiction le poursuive jusqu'à la mort.
J'exprime par ailleurs ma sympathie avec les victimes Hutu, dont la mort n'a même pas été considérée comme un génocide, alors que ce sont des êtres humains. Je suis très désolé pour tous ceux-la dont les leurs ont été victimes de comportement bestial des autorités, soyez vigilants afin que ces mêmes autorités ne vous mettent plus dans une telle situation de désolation, comme elles continuent de le faire. Que plus jamais le sang de rwandais ne soit versé par d'autres rwandais. Que ce soit Kagame, Habyarimana ou ceux qui les ont précédés, les pouvoirs changent mais le pays reste.
Le pays a existé avant Kagame, un jour il devra partir et le pays restera, il n y a pas de raison qu'il le prenne comme une propriété privée. Nous en avons marre qu'il érige en fonds de commerce le sang des nos frères Tutsi, que les profits servent à acquérir des biens immeubles de part le monde, ou à acheter des armes lourdes qui serviront à massacrer les Rwandais et leurs voisins, au lieu de profiter aux orphelins, aux invalides de guerre, aux veuves et tous ceux qui ont été précarisés par le génocide qu'il a provoqué et empêché que personne n'y mette fin. Il a fait tout cela pour s'arroger le contrôle du pays et le mettre en coupe réglée, comme il le fait actuellement.
Le pays n'a jamais connu un dictateur aussi cruel que lui, mais qu'il sache qu'un jour ou l'autre, il devra partir. Il n 'a rien de plus que Habyarimana, Mobutu, Sadam Hussein , Idi Amin, Obote, Hitler et d'autres dictateurs plus coriaces que lui, qui sont tombés dans les oubliettes.

EXPLICATIONS SUR LES CHARGES FICTIVES QUI ME SONT IMPUTEES POUR LA SEULE RAISON QUE JE DENONCE LES RESPONSABILITES DE KAGAME DANS LA GUERRE QU'IL A MENEE

- Considérant les récents remous autour de l'attentat contre l'avion de Habyarimana et ayant été cité parmi les témoins qui ont accusé Kagame d'avoir donné l'ordre d'abattre l'avion en tant que RPA CHC − (RPA Chairman of High Command) ; considérant que ce mensonge a fait son temps, dix ans durant lesquels il a abusé les Rwandais et la communauté internationale en prétendant que c'est lui qui a mis fin au génocide ;
- Considérant la fuite en avant de Kagame et les tentatives de salir ceux qui ont librement consenti, d'être les porte-parole et de témoigner sur son rôle dans les médias, de livrer librement leur témoignage ;
- Considérant tous les mensonges sans fondement qui ont été répandus dans les médias au Rwanda, et en Europe ;
Je trouve nécessaire de donner des explications aux Rwandais sur ce qui est rapporté à mon propos, de peur que mon silence ne soit pris pour un aveu et dans l'intention que le plus de gens possible comprennent la stratégie de Kagame, ses agents de renseignements et l'oligarchie qui gravite autour de lui, pour duper le peuple et rendre tout le pays otage du mensonge et ainsi le maintenir dans les ténèbres.
J'ai entendu beaucoup de choses en ce qui me concerne, mais je me limiterai aux points suivants que je juge les plus importants:
1. On m'accuse d'avoir fui le pays après avoir été condamné par des juridictions militaires pour détournements de fonds au sein de l'armée ;
2. Qu'il n'y a absolument aucune raison politique qui ait motivé mon exil et que même le prétexte du problème du retour du roi n' est pas ma réelle motivation ;
3. Que je fais partie des agents utilisés par la France, pour poursuivre leur politique négationniste du génocide des Tutsi et pour camoufler leur propre rôle dans le génocide;
4. Que le témoignage de ceux qui ont déserté l'armée ne peut être valide, parce que ce sont soit des criminels, soit des gens qui ont des comptes à régler avec l'Etat ; ou encore on pose la question de savoir pourquoi les enquêtes ne sont-elles pas faites au Rwanda ?
Voici ma réaction point par point
1. Je ne suis pas un malfaiteur et je ne l'ai jamais été. Je rappelle également que je ne me suis pas évadé de prison, je ne suis poursuivi par la justice pour aucun crime, je ne me suis pas soustrait à la justice pour quelque infraction que ce soit. J'ai été injustement arrêté injustement, sur complot ourdi par des gens pour des raisons que j'ignorais, j'ai été emprisonné du 3-05-1997 au 5-06-1999.
i) J'ai été libéré après jugement du conseil de guerre en deux temps: parce que la première fois, le 27 avril 1999, la Court dirigée par le Lt Col Salton Bahenda, a jugé insuffisantes les charges de l'auditorat militaire alors qu'il n'y avait aucun témoin à charge. J'avais mes propres témoins à décharge qui n'ont pas été convoqués car l'auditorat militaire savait pertinemment qu'il n'y avait aucune charge qui pesait sur moi.
Le 01 juin 1999, la Cour a repris les auditions en espérant que l'auditorat militaire apporte des charges concrètes. L'auditorat militaire s'est de nouveau présentée sans aucune charge, sans témoin, même ceux que j'avais cités n'ont pas été convoqués. La Cour était présidée ce jour-là par le capitaine Hodari, époux de madame Christine Umutoni, ambassadrice du Rwanda en Uganda. Le procès a eu lieu en public, le Tribunal a trouvé que les charges qui m'étaient imputées n'étaient pas fondées, parce que les raisons de mon incarcération n'avaient pas de rapport avec les charges portées par l'accusation, il a été ainsi très vite démontré que mon arrestation cachait des secrets que je ne pouvais percer à l'époque. Le tribunal m'a blanchi, et a ordonné ma remise en liberté et ma réintégration dans l'armée. Depuis le 05-06-1999, j'ai retrouvé mes droits.
ii) Lorsque je fus libéré, mon ancienne unité, le 9ème bataillon, se trouvait à Kabalo et Nyunzu au Congo. C'est cette unité qui a demandé au chef d'état major, le Général Kayumba de me réintéger dans mes anciennes fonctions parce que j'avais été injustement traité. Ici j'interpelle ceux qui répandent les bruits dans les médias : Comment se fait-il que ce soit mon unité dont j'aurai détourné les fonds, qui réclame au Chef d'état-major la réintégration dans mes fonctions? Les Rwandais pourraient-ils comprendre quelque chose dans cette affaire ? Y'a -t-il plus surnois que cette manipulation?
iii) J'étais tranquille chez moi, lorsque un émissaire de l'armée est venu me dire que le chef d'état-major voulait me voir. Une fois sur place, c'est le général Kayumba lui-même qui m'a dit : « qu'est-ce qui se passe avec toi tu refuses de travailler ? » Je lui ai répondu : « Mais Chef, vous savez très bien que je suis un officier, comment pourrais-je m'attribuer moi-même une mission ou choisir un quelconque poste ». « Vas tout de suite chercher le Lt Col Byegeka, dit-il, il t'expliquera ce que tu dois faire dans ton ancienne unité ». « Le 9ème bataillon, vous voulez dire ? » demandai-je. Il a répondu « Oui ». Il était 11h00 du matin. Je me suis dépêché pour aller voir le Lt Col Byegeka : « où as-tu disparu, pourquoi ne retournes-tu pas à ton travail ? » demanda-t-il ? Je lui ai dit la même chose que ce que j'avais dit au général Kayumba. « Tout de suite, reprit-il, rejoins le 9ème bataillon dans tes fonctions habituelles d'Officier administratif dans ton unité ». Je lui ai dit qu'on me prenait de court, que je n'avais même pas d'uniforme. Il a tout de suite téléphoné à l'aéroport au capitaine Gakumba Jomba, pour lui demander s'il n y avait pas d'avion qui partait sur la RDC dans les régions de Manono, Kongolo, ou Kabalo. Il a répondu qu'il y en avait un pour Kongolo, que mon unité était en train de déménager vers le Kasaï et qu'une partie passerait justement par Kongolo. Il a ajouté que l'avion décollerait ce jour-là même vers 13h00 tandis qu'il y en aurait un autre pour plus tard. Le même jour, je fus embarqué sur cet avion en habit civil, sans autre objet personnel, y compris pour les soins de première nécessité. Encore une fois il faut comprendre que les accusations portées contre moi sont injustifiées.
iv) Une fois sur place, j'ai repris mes fonctions dans l'unité et je les ai assumées le mieux que j'ai pu. A mon arrivée, cette même unité comme toutes les autres de l'APR avaient même déjà arrêté, pour les officiers, les listes des promotions soumises à l'appréciation du gouvernement. Je ne figurais pas sur la liste car j'avais été incarcéré injustement. Mon unité a elle-même demandé au chef d'Etat-Major de m'ajouter sur les liste des officiers à promouvoir en grade. Mais comme c'était trop tard, je n'ai pas été promu en même temps que les autres. Quelques jours plus tard, j'ai reçu une promotion spéciale. On pourrait poser la question de savoir si les criminels notoires dénoncés dans les médias reçoivent des promotions au sein de l'APR après avoir passé deux ans et deux mois en prison. Comment cela pourrait-il s'expliquer ? Autre chose qui pourrait apporter des éclaircissements serait de rendre public la copie de mon jugement, elle se trouve inévitablement au Tribunal si elle n'a pas été volatilisée. Même si elle avait été subtilisée, il faudrait expliquer quand même comment j'aurais été jugé par la « Cour militaire », la plus haute instance judiciaire de l'armée après mon départ en exil. Je ne puis être jugé par cette haute instance parce que je ne suis pas un officier supérieur. Je ne pourrais y être jugé que si je faisais appel, or je n'ai jamais fait appel parce que j'avais été acquitté. A ma connaissance, même l'auditorat militaire n'a jamais fait appel du jugement qui m'avait acquitté. Aurait-il fait appel deux ans après ma libération? N'y a-t-il pas de lois qui régissent l'appel dans les tribunaux militaires ? A un moment donné j'avais effectivement eu l'intention de porter plainte contre l'auditorat militaire pour abus de pouvoir, parce que j'avais été injustement incarcéré pour deux ans et un mois, mais quelqu'un qui y travaillait m'en avait dissuadé, et dit que je risquais d'être exécuté si je le faisais. J'avais alors abandonné. J'ai laissé tomber. Que les gens comprennent que je n'ai rien fait de mal, que je n'ai pas fui la justice.
v) Ainsi donc au moment de mon départ en exil, je ne me suis pas évadé de prison, même une fois arrivé en Uganda, j'ai expliqué les raisons de mon exil, mais je n'y ai pas demandé l'asile politique parce que ma sécurité ne serait pas garantie étant donné la proximité du Rwanda. Les services rwandais de sécurité pouvaient m'assassiner et ils s'y sont essayés à plusieurs reprises. J'ai passé deux ans et six mois en Uganda, sans être reconnu comme réfugié. Je n'étais protégé ni par l'état ni par le HCR parce que je n'ai jamais demandé l'asile. Je veux démontrer par là que si j'étais un criminel, les autorités rwandaises auraient bien pu demander mon extradition via Interpol et je connais beaucoup de gens qui ont été livrés au Rwanda au vu et au su de tout le monde.
vi) Autre chose que les gens devraient comprendre c'est que tous les gens qui fuient le pouvoir de Kagame sont accusés de mêmes crimes : tous les tutsi qui fuient pour diverses raisons se voient indistinctement accusés de deux faits: le détournement de fonds publics ou la soif du pouvoir comme ce fut le cas de Sebarenzi, qui était accusé de tentative de récupération des militaires issus des rescapés du génocide, spécialement originaires de Kibuye, à des fins subversives, prétendument pour soutenir le roi.
Les Hutu qui prennent le chemin de l'exil, sont indistinctement accusés de fuir la justice pour leur participation au génocide de 1994. Ce mensonge commence à être lassant, désuet, il a fait son temps. Kagame doit arrêter cette comédie.
vii) J'ai été stupéfait de trouver dans les médias une lettre prétendument écrite par moi-même adressée à l'auditeur général pour lui présenter mes excuses en 1997 et avouer les faits qui m'étaient reprochés. Voila un mensonge qui leur coûtera cher!!
1. Je ne pouvais pas écrire à l'auditeur général car je ne comparaissais pas devant la Cour martiale, j'étais de la compétence de l'auditorat militaire. En plus je n'étais pas officier supérieur.
2. Je n'avais aucune possibilité en prison d'écrire une lettre sur ordinateur, ni à l'hôpital comme cela est rapporté. Cette lettre cache une volonté d'intoxication. Les auteurs n'ont pas osé l'écrire à la main pour qu'il n'y ait aucune contestation de ma part car les graphologues les aurait démasqués. Tous les propos qui y sont colportés ne sont que des tissus de mensonges sont en contradiction avec ce que j'ai déjà dit. Si j'avais avoué les faits qui m'étaient reprochés, comment aurais-je été acquitté? Y a-t-il un aveu dans une affaire de détournement de fonds militaires passible d'un emprisonnement de 5 à 20 ans sans que cela soit sanctionné par un procès verbal signé ? S'il y avait autant de preuves accablantes à mon égard, aurais-je soudoyé les trois juges et le greffier pour être acquitté, être réintégré dans l'armée et aussitôt recevoir une promotion ?
3. Et de parler de cas psychiatrique à mon égard, quel comble! Tout ce déploiement du gouvernement, des ambassades et du président lui-même dans les médias, rien que pour un malade mental! Si je suis un malade mental, comme cela a été écrit, pourquoi doivent-ils répondre à un malade mental ? Doivent-ils salir ce pseudo malade mental pour se laver des accusations de massacres de Tutsi et Hutu et de déclenchement du génocide? Un malade mental serait-il en mesure de donner autant de preuves que celles que je suis en train de donner aux Rwandais et à la communauté internationale ?
4. Les gens doivent savoir que toutes les dictatures qui règnent par la force et la terreur ont toujours sous la main des dossiers bidons pour accabler, le jour venu, toute personne indésirable pour le mettre en prison ou s'en débarrasser. Il est d'autant plus facile pour un militaire dont ils disposent de toute son identification.
5. Une autre personne qui est mise en cause, Kalisa Dominique, je le connais au moment où il était soldat. C'est lui qui serait monté au créneau pour me dénoncer et raconter comment j'avais détourné de l'argent. Il aurait été mon adjoint, responsable des salaires dans mon unité! Le "DMI" peut trouver des milliers de gens pour me charger, mais je n'ai aucune crainte, parce que la vérité finira par triompher. Je n'ai jamais eu comme adjoint un nommé Kalisa, on pourrait raconter des mensonges aux civils qui ne connaissent pas l'armée. Le « paymaster » n'est pas l'adjoint de l'officier chargé de l'administration. Par contre je me rappelle que j'ai fait arrêter ce militaire pour une affaire de trahison. Il percevait de 50.000 FRW à 200.000 FRW pour faire effacer des noms de militaires des ordinateurs de l'état-major comme étant décédés, déserteurs, ou démis de l'armée. Il le faisait avec des formulaires établis par les supérieurs de l'unité dont je fais partie, formulaires auxquels il apposait une imitation de ma signature, celle de l'officier chargé des archives de l'armée ainsi que celle du commandant de bataillon. Pour moi c'était une faute grave car si je ne l'avais pas signalé, j'aurais été accusé de complicité. Ce soldat Kalisa Dominique a été reconnu coupable en première instance et il a lui-même avoué et été condamné à 5 ans de prison. Sa peine a ensuite été revue à la baisse suite à ses aveux et sa demande de pardon. Après avoir purgé trois ans, il bénéficia d'une libération conditionnelle. Il n a jamais fait appel. Que la copie de son jugement soit rendue publique. Et maintenant tout un pays est en train de solliciter le brave soldat pour voler au secours du président Kagame. C'est triste et honteux. Et au fait, quel rapport y a -t-il avec l'attentat contre l'avion présidentiel? Les questions des massacres de populations commis par le FPR/APR devront-ils être expliqués par le soldat Kalisa Dominique (il est possible qu'il ait reçu une promotion) ?
2. Je n'ai jamais eu des problèmes, dit-on, liés au retour du roi. Il faut arrêter le mensonge. Paul Kagame lui-même a déclaré qu'il allait écraser tous ceux qui soutiennent le retour du roi. Je ne sais pas comment j'aurai pu attendre d'être tué comme Paul Kagame l'a déclaré, alors que j'étais informé, preuves à l'appui, avec des renseignements tirés de mes amis et de mes frères du DMI avec qui j'ai travaillé, que j'étais sur la liste des personnes qualifiées de « Negative force », les opposants de premier plan à éliminer le plus rapidement possible. Je connais très bien Kagame, il est parmi les rares personnes qui n'ont pas froid aux yeux lorsqu'il s'agit de verser le sang, ils y prennent infiniment du plaisir. Si l'on est informé que l'on va être assassiné, par des meurtriers désignés dont vous connaissez les noms, on ne peut rester là sans réagir, surtout lorsque l'on connaît les techniques lentes de mise à mort. Toute personne qui souhaite connaître la vérité sur le problème que j'ai connu au Rwanda lié au retour du roi, peut lui téléphoner car il peut le confirmer.
3.Prétendre que tous les témoignages relèvent du négationnisme ou de la manipulation de la part de la France qui veut cacher son rôle dans le génocide, est un pur mensonge. Si cela était vrai, Kagame ne peut pas prétendre haïr les Français plus que moi. En tant que militaire de l'APR et membre du FPR, je suis un ennemi de la France, car c'est elle qui a fait perdurer la guerre jusqu'à 3 ans et demi en donnant de l'aide au gouvernement Habyarimana. Ce sont eux qui ont pu nous contenir, qui ont pu trouver des armes lourdes qui nous empêchaient de marcher sur Kigali très rapidement comme nous l'avions prévu. Cela a été fait au niveau des conseils militaires, en lui apprenant comment contenir une guerre, cela était pour nous un obstacle. Cela nous empêchait de dormir, moi et mes camarades, ce sont les Français, devenus amis de Habyarimana et de son entourage, qui ont fait que je sois orphelin, car les membres de ma famille ont été tués pendant le génocide. Comment donc puis-je être manipulé par des gens qui sont mes ennemis, pour nier le génocide qui a emporté les tous les membres de ma famille. Ce n'est pas un secret pour personne, je suis de Bugesera. Que ceux qui doutent se rendent dans mon village et me disent si dans ma famille il reste âme qui vive. A quel prix puis-je donc oublier la mort de mon père, ma mère, mes six frères et sœurs ainsi que mes autres membres de la famille ? Quel génie peut inventer une histoire pareille ? Ce que je raconte est authentique. Je ne peux pas imposer ma version, les enquêteurs peuvent aller sur le terrain faire des enquêtes approfondies, si ce que je raconte n'est pas vrai, que je sois traduit en justice pour diffamation envers le chef de l'état. Je réaffirme que je ne suis pas manipulé par la France pour ses intérêts de négationnisme ou pour cacher ses responsabilités dans le génocide. Je réfute avec énergie que ce génocide ait été planifié, mais qu'il a été mis en exécution par les Rwandais eux-mêmes. Kagame appelle cela du révisionnisme tout en sachant que c'est lui qui a déclenché ce génocide, et qui l'a rendu possible.
4. Le comble des mensonges est que personne n'a jamais révélé auparavant aux Rwandais mon identité, pour avoir été condamné pour détournement des fonds publics, et c'est maintenant trois ans après ma fuite après avoir échappé à des attentats, que toutes les hautes instances du pays se lèvent comme un seul homme pour mettre sur la place publique un procès à huis-clos, où j'ai été condamné par contumace pour le simple fait que j'ai été cité parmi les personnes ayant accepté de témoigner contre le président Kagame.
Tout ce que je peux rappeler pour rectifier ce qui se dit sur moi, c'est que j'ai quitté l'Ouganda puisque ma sécurité n'était plus assurée dans ce pays. Même quand j'étais à Kigali ou dans les stages de formation, une équipe de personnes chargées de mon élimination physique avait été mise sur pied. Elle était composée entre autres des personnes suivantes: Capitaine Silas Udahemuka, chef des services de renseignement de la Garde Républicaine (Republican Guard), Capitaine Majyambere (expert dans l'art de tuer) qui fut par la suite muté dans l'unité NINJA, actuellement commandant d'un bataillon du RPA, Capitaine Kabera du DMI, et plusieurs autres que je ne pouvais pas identifier au Centre de Formation Militaire (Rwanda Military Academy-RMA) à Gako. Dans la ville de Kigali, j'ai échappé à plusieurs complots commandités par des gens comme le Colonel Jack Nziza (Chef du DMI), Major Gacinya Rugumya du « Special Intelligence Branch ». Les officiers chargés de l'exécution étaient le Capitaine Karangwa et WO2 Abbassi (des tueurs hors du commun du DMI), avec d'autres militaires du « Republican Guard » que je craignais le plus puisque je ne les connaissais pas tous.
En Ouganda, j'étais une cible sans aucune protection, susceptible d'être assassiné d'un moment à l'autre. En 2001 et 2002 plusieurs réunions des services de sécurité ont été tenues pour analyser le comportement de chaque officier exilé, sur ce qu'il disait, le pays qui l'a accueilli et les conséquences de ses déclarations sur le pouvoir en place au Rwanda. Ces réunions étaient dirigées par le Général Charles Kayonga assisté des chefs de services de renseignement: Colonel Jack Nziza, Colonels Patrick Karegeya et Gacinya Rugumya, et de quelques commandants de Brigades tels que Colonel Mubarak Muganga.
Les dernières décisions qui ont été prises sont que certains d'entre nous devaient être liquidés en Ouganda même: Ce n'est un secret pour personne que Kagame a soudoyé les services d'un chauffeur du CMI ougandais pour la liquidation du Major Furuma. Il avait promis de donner à ce chauffeur une récompense de 7000 $, il a été démasqué après avoir touché une avance de 3000 $ seulement. Le complot était similaire pour les cas du Capitaine Frank Tega et du Major Frank Bizimungu. En ce qui me concerne, mon dossier leur était très compliqué: je n'avais pas sollicité de statut de réfugié et ils disaient que je disposais de plusieurs contacts dans les autorités ougandaises, que j'étais en relation avec plusieurs ambassades, que je travaillais avec les partis politiques d'opposition, que je suis en contacts avec les Interahamwe du Congo, que je faisais partie de ceux qui projetaient d'attaquer le Rwanda en se faisant aider par les Hema d'Ituri, que je suis toujours en relation avec le Mwami Kigeli, que bref j'étais un individu dangereux et qu'ils se demandaient d'où je tire les fonds me permettant de réaliser tout cela. J'ai déménagé plus de 8 fois à Kampala, j'ai changé mon numéro de téléphone 6 fois, j'ai changé mon adresse e-mail 10 fois, tout ceci pour essayer d'échapper à leur vigilance. Chaque fois je changeais mon téléphone suite à un appel de Jack Nziza qui me disait que si même je ne souhaitais pas rentrer, qu'au moins je ne sois pas comme les opposants Hutus (Ibipinga) qui dévoilaient les secrets du régime. Quand ce n'était pas lui, c'était un des gardes du corps de Kabarebe ou un autre militaire dont j'ignore d'où il se procurait mon numéro de téléphone.
Dans toutes les réunions de la Commission militaire Ouganda-Rwanda chargée d'étudier la résolution des conflits entre les deux pays, le Général Kayonga demandait au Colonel Mayombo, qui dirigeait les services de renseignement ougandais, pourquoi tous les autres officiers leur étaient montrés alors que j'étais maintenu au secret. Le colonel Mayombo lui répondait qu'il ne m'avait jamais vu et que peut être je ne vivais pas en Ouganda. Et effectivement je n'ai jamais rencontré le Colonel Mayombo. Toutes ces inquiétudes sur ma personne ont été à l'origine d'une réunion extraordinaire pour étudier mon seul cas et la décision suivante fut prise: Il faut chercher la façon de me ramener de gré dans le pays et, au cas où çà ne réussissait pas, utiliser les techniques d'enlèvement. Si ces deux moyens se révélaient irréalisables, il fallait m'éliminer pour m'empêcher de révéler plus tard tout ce que je connais.
Après plusieurs appels téléphoniques, après les visites de plusieurs émissaires envoyés pour m'inviter à regagner mes fonctions dans un régime criminel, un ordre a été donné de me kidnapper ou de m'assassiner en Ouganda. Cette horrible besogne fut confiée aux colonels Jack Nziza et Gacinya Rugumya qui créèrent une importante unité de "network" pour mettre en place un guet-apens mortel de sorte qu'il était prévu que je sois arrêté par des policiers, ou ceux qui auront revêtu un uniforme de policiers locaux, fidèles aux officiers exilés au Rwanda en relation avec le Col Cyiza Besigye et le Col Mande ou le Lieutenant Kyakabale, parce qu'ils avaient des relations dans l'armée, la police etc. La consigne était de m'arrêter, de m'endormir et de me transférer au Rwanda enfermé dans le coffre d'une voiture. Les militaires en provenance du Rwanda et qui étaient chargés de cette opération sont:
- Hodari, époux de Christine Umutoni, elle-même Ambassadrice du Rwanda en Ouganda,
- le lieutenant Gérard Mbanda, ex rapporteur de Radio-Rwanda dans la préfecture de Butare,
- un lieutenant prénommé Frank, du DMI,
- capitaine Spéciose Mutamba, experte dans l'utilisation des prostituées et d'autres jeunes filles dans le renseignement et l'élimination physique des opposant vivant à l'extérieur du Rwanda par le poison, l'arme à feu ou le kidnapping,
- d'autres commandos spécialisés dans l'élimination, le kidnapping et faire disparaître des personnes.
Le coût de cette opération sur ma seule personne était évalué à près de 8000 $. Ceci m'avait été révélé par mon indicateur qui travaillait au bureau du colonel Jack Nziza. Ce montant consistait en frais de corruption de la police ougandaise, la location des véhicules pour l'opération, les frais de séjour des membres de la mission dans les hôtels. Ils étaient munis des appareils et autres scanners achetés et Afrique du Sud et utilisés dans le repérage des fréquences pour intercepter facilement mes communications téléphoniques. Il est même arrivé que ma voix soit transférée dans les ordinateurs du MTN pour qu'ils puissent m'enregistrer ainsi que mon correspondant au téléphone. Je dois dire que je l'ai échappé belle puisque l'Etat investi des frais importants pour me supprimer.
Considérant le mensonge utilisé par le col Mubarak Muganga pour emmener le capitaine David Sabune en prétendant que son cas avait été étudié après avoir été injustement traité et que la décision avait été prise de le réintégrer dans son bataillon où il devait profiter d'une promotion, qu'il en avait été convaincu et qu'en traversant la frontière il a été ligoté les mains et les pieds et liquidé sous l'effet de la torture,
Considérant le professionnalisme utilisé dans l'enlèvement du sous-lieutenant Védaste Ngarambe qui fut livré avec la complicité de son demi-frère Paul Muvunyi;
Considérant la façon dont Sendashonga et le colonel Lizinde ont été exécutés à Naïrobi alors qu'aucune de ces personnes ne détenait l'équivalent de mes secrets;
J'en ai conclu que je devais être assassiné aussi en Ouganda.
C'est à partir de ce moment là que j'ai décidé de m'exiler plus loin. Je ne me suis pas réfugié en France comme cela a été diffusé au Rwanda, je n'ai pas regagné les rangs des Interahamwe au Congo comme cela été raconté aussi, j'ai demandé l'asile politique en Norvège. Ce qui ne veut pas dire que je suis obligé d'y passer tout mon temps ni y vivre pour de bon.
Les déclarations selon lesquelles la France est en train de récupérer les Tutsi ex-militaires du FPR sont sans aucun fondement.
5. Aucun témoignage de militaire déserteur n'a aucune validité, dit-on, comme ceux des gens qui sont rammassés dans la rue, parce que ce qui se dit sont des racontars mis bout à bout sans aucun fondement. Je pose la question: qui ignore la répression exercée par Kagame pour oser témoigner en se trouvant au Rwanda, au sein de son armée, et espérer passer un seul jour en vie? Et même si les gens témoignent parce qu'ils se trouvent en sécurité en exil, pourquoi doit-on toujours dire que ce sont des témoignages de criminels qui ont fui la justice pour mettre leur crédibilité en cause? Pourquoi Kagame et ses services ne saisissent pas des tribunaux impartiaux pour qu'ils se défendent publiquement si ce qui est dit n'a pas de fondement ? Prétendre que nous sommes ramassés dans la rue constitue une insulte grave. C'est même regrettable que ces mots sortent de la bouche d'un Chef d'Etat. Il sait bien lui-même que les officiers ne se font pas ramasser dans la nature. Les ex-ministres, les ex-dirigeants du pays ne se font pas ramasser dans la nature, nous ne sommes pas des enfants de la rue, et encore nous ne vivons pas en France pour prétendre que nous travaillons pour ce pays.
NB: Pour terminer, je reconnais que la seule faute que j'ai commise pour Kagame est d'avoir quitté son armée. Je dis bien pour Kagame puisque pour moi il ne s'agit pas du tout d'une faute puisque je n'ai jamais signé un contrat stipulant que l'APR seule se réserve le droit de rompre quand bon lui semblera. J'ai pris le chemin de l'exil alors que l'armée n'avait pas de statut spécifique. Nous travaillions comme des forçats, des journaliers. La peine retenue contre moi après ma fuite du Rwanda, n'a aucun rapport avec le fait que j'ai déserté.
Pour me résumer, ce que je peux dire à tous les Rwandais et à la communauté internationale c'est que nous continuerons à dénoncer les crimes commis par Kagame. Il ne s'agit pas seulement de l'attentat contre l'avion présidentiel, c'est tous les crimes par lui-même et ses services de renseignement et certains des militaires à l'encontre de la population. Je mettrai tout à la connaissance du public, chaque fois que j'en aurai les moyens. Je ne considère pas, comme d'aucuns osent le croire, que le seul fait d'avoir abattu l'avion du Président Habyarimana a été suffisant pour déclencher le génocide. Je considère plutôt qu'il s'agit d'une série d'attitudes qui ont alimenté l'histoire du pays et les esprits des Rwandais. Tout ceci a été soufflé et embrasé par la guerre déclenchée par le FPR et le régime de Habyarimana. La succession et l'accumulation de tous ces événements du passé ont débordé le vase le 06-04-1994 avec l'attentat contre l'avion, la catastrophe s'est ainsi abattue sur le Rwanda. Les massacres des Hutus et des Tutsis sont des crimes, que ce soit fait par l'Etat ou par le FPR. Nous militerons pour que, tôt ou tard, les responsables de ces crimes soient poursuivis et punis devant la justice. Je demande à mes compagnons d'un peu partout d'oser témoigner de tout ce que nous avons vu et entendu. Nous avons été formés pour travailler dans le secret et je sais que plusieurs parmi nous collaborent à ce sujet. Mais j'exhorte ceux qui dorment encore à se réveiller. Nous ne devons par continuer à dormir dans le sang de nos parents et amis. Un proverbe kinyarwanda dit Ngo uhishira umurozi akakumara ku bibondo « quand tu ne dénonces pas un criminel, il finit par exterminer ta descendance ». Nous avons longtemps gardé le secret pour un homme (Kagame) et voici qu'il ne cesse d'éliminer les nôtres, depuis 1990 jusqu'à présent. La mise à mort à la douille d'une houe usagée qui n'est plus pratiquée pour tuer les cochons est utilisée pour tuer les opposants Tutsi et les Hutu qui n'acceptent pas d'être des instruments de Paul Kagame. Nous avons la tâche de révéler tous cela à l'opinion publique internationale puisque nous possédons toutes les preuves.
Je vous remercie.
RUZIBIZA A. JOSUE
(Sé)
_______________________________________________

Texte original : Kinyarwanda
Traduction française : AVICA7 asbl (avica@tiscali)
BP 33 Grand Place
1348 Louvain-La-Neuve
Belgique
Avril 2004
Traduction approuvée par l'auteur
NOTES:
1. Il y avait deux Karangwa, frères de sang. Les deux étaient au niveau supérieur de commandement militaire.
2. Commanding Officer.
3. Presidential Protection Unit.
4. Afande est un mot turc d'origine arabe signifiant « Seigneur » (comme les Seigneurs du Moyen-Age).
5. Le terme « Ibipinga » vient du mot swahili « Vipingamizi »=les obstacles. Ce sont ceux qui constituent des obstacles aux projets du FPR.
6. Nom d'une Centre de négoce se trouvant à environs 43 km de Kigali.
7. Assistance aux Victimes des Conflits en Afrique Centrale.

 




 
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